Deux jours dans la capitale, trois lieux magiques, envoutants, bizarroïdes, fantasmagoriques, abracadabrants, exceptionnels… Voici les Chroniques de Paris.
Pour commencer cette mini série de trois articles, chacun retraçant la visite de ces sites uniques en leur genre que j’ai eu la chance de découvrir durant
mes petites vacances parisiennes début-juilletistes, je vous embarque pour la célèbre Japan
Expo/Comic Con’ !
Et oui, ces deux évènements massifs glorifiants la culture geek et otaku se sont déroulés en un seul et même endroit, au même moment, ce qui tombe plutôt bien.
Enfin, bien, façon de parler, car c’est surtout l’occasion de voir s’entasser une surpopulation étouffante de visiteurs dans un bien trop petit périmètre. Vous me direz, avec les 242 000 m²
que compte le Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte, ça fait quand même 1,16m² par visiteur pour le total des 208 000 que nous étions tout au long des quatre jours qu’ont duré les
festivités. Sauf que dans la réalité, c’est un doux rêve de liberté quand on se retrouve à avancer dans une foule compacte au rythme d’un escargot asthmatique le long des allées des exposants
ravis de cette affluence record de geeks en manque de goodies hors de prix.
Ça va, ça va, j’arrête immédiatement de râler. Et de bon cœur même, parce qu’au final, cet évènement est juste… Monstrueusement cosmico-fabulo-magique !
Aaaah quel manque cruel d’adjectifs mon pauvre cerveau ramolli contient pour vous décrire ce palais des délices aux proportions gargantuesques, grouillant d’une folie communicative, de
personnages hauts en couleurs, de trésors de rareté et de fans et autres passionnés venant d’horizons aussi divers que de contrées aussi lointaines que ma Côte d’Azur. Et encore, je ne suis
qu’une petite joueuse quand on pense que certains venaient de bien plus loin, dépassant largement les limites des frontières de la Gaule.
En digne ultra hardcore que je suis, j’ai débarqué le vendredi matin à la première heure après m’être levée à trois heures du mat dans mon petit F1 Porte de
Montreuil afin de revêtir mon précieux stuff steampunk, prendre le premier métro et arriver en première ligne face aux immenses portes du premier hangar du Parc des Expo.
En compagnie des spécimens des plus fervents lèves-tôt, de Monsieur Chris’t qui fait encore la gueule de l’avoir réveillé à une heure pareille et de mon brave
‘Youte, pote ch’ti que je rencontre enfin pour l’occasion, j’ai attendu, attendu, et tu n’es jamais venus… Pardon, et enfin les portes du paradis se sont ouvertes. Bon, disons, les
premières portes. Oui, car c’est toute une organisation de timing, de portes qui s’ouvrent, de files d’attentes marquées au sol par d’immenses lignes rouges, jaunes, vertes et j’en
passe, de petits gnomes du staff s’agitant çà et là, nous faisant marcher au pas avec interdiction formelle de les dépasser, nous empêchant ainsi, fans atteints de rage impatiente, de créer la
panique en courant dans tous les sens, espérant être le premier à entrer. Vu le monde, je salue aujourd’hui encore cette idée brillante. Quelques heures passent, 9 heures sonne, et après un peu
de retard (moins que la veille apparemment, j’ai bien choisi mon jour, joie !), les gnomes nous font traverser les derniers mètres le long des barrières de sécurité jusqu’à atteindre enfin
l’entrée divine. Cette fois, c’est parti pour la course. Un petit bip sur le billet et… PAF ! Le choc.
Non, je ne me suis pas vautrée sur qui que ce soit, j’ai juste était clouée au sol par l’immensité improbable et la féérie des lieux. Je ne trouve toujours pas le
moindre mot capable de vous faire ne serait-ce qu’imaginer la beauté de ce temple de la jouissance pour tout bon geek qui se respecte, mais je peux vous dire que rien que de m’y trouver, là,
pantoise devant ce spectacle ahurissant, j’ai joui. DE BONHEUR DE BONHEUR ! Les rencontres masculines viendront après… Haheuuuum !
Donc, guidée par la seule fonction motrice automatique de mes jambes, je marche rapidement vers là où une partie de mon cerveau encore viable se souvient de la
nécessité de prendre la direction au plus vite. Oui, je le DOIS, et rapidement, car en une seule journée, mon planning initialement prévu est plus que chargé. Je sais déjà qu’il sera impossible à
tenir, plusieurs grands évènements se déroulants au même moment (tristesse), mais je retrouve très vite le sourire en voyant défiler sous mon regard ébahi le plus grand étalage de stands
geekissimes qu’il m’ait jamais été donné de voir. Mes yeux s’agrandissent un peu plus à chaque pas, avançant dans la grande allée de la partie Comic Con’. Et vous savez le plus beau ? Ce
n’est qu’une petite partie de la fête. À peine consciente de l’étendue de ce vaste monde merveilleux, j’arrive au point dédicace, patientant sagement que mon tour arrive. Oups, le tirage au sort
pour Marcus n’est qu’à 10 heures. Je quitte la file en grommelant, vagabonde dans les allées, m’extasie à chaque
recoin, pose devant la Porte des Étoiles, flâne sous l’étal d’un tanneur-armurier, dévisage les premiers cosplayeurs arrivés (et, au passage, me plaint légèrement moins de mon propre attirail qui m’empêche de respirer face à leurs multiples couches de tissus et autres ornements).
Une heure passe, retour à faire la queue pour, peut-être (et oui, ce n’est même pas certain !) acquérir les sésames. Attente interminable, chance mince, je
tremble et tire un petit papier de la boite des tirages au sort. Victoire ! Je reverrais mon Marcus, rendez-vous à 13 heures. Double victoire, dans la file du ‘‘premier arrivé premier
servi’’, Monsieur Chris’t a déniché l’autre petit papier magique. L’autre, c’est pour Kevin Eastman, créateur des Tortues Ninja qu’un certain Sparadrap, privé de Japan Expo, aurait rêvé de
rencontrer. Qu’à cela ne tienne, je lui obtiendrais sa dédicace. On est fan ou on ne l’est pas. Avec mes ersatz de tickets d’or en poche, je reprends ma liberté et rattrape le temps perdu pour
mon exploration. J’ai à peine le temps de faire le tour du reste de la Comic’ Con qu’il me faut déjà retourner poireauter, encore. Mais c’est pour la bonne cause. L’américain a du retard, mais le
bonheur de mon prêtre chéri n’a pas de prix. Mon tour arrive, une franche poignée de main, un sourire, et trois mots baragouinés en anglais après, je tends mon téléphone au monsieur où sont notés
les destinataires (ayant vite oublié l’idée de lui épeler quoi que ce soit, quand on a tout le temps d’y réfléchir dans la queue, on se rend compte à quel point c’est mission impossible, ou tout
du moins improbable, dans une autre langue). Les trois prénoms de la petite famille sont dessinés sur le papier. Au revoir monsieur, et merci, vous ferez un heureux aujourd’hui. Une rapide photo
de l’auteur avec la dédicace en main, et un post sur Facebook plus tard, j’ai droit à un « je t’aime » de remerciement. Joie. Ultime.
Fière, ravie, hurlante et sautillante de jubilation, je repars en quête de découvertes, et de nourriture… Midi approche, ça va se fighter pour les sushis !
Après ce qui m’a semblé des kilomètres parcourus, une séance de mitraillage avec les rois du steampunk français, et quelques longues minutes plus tard, j’atteins enfin la partie Japan Expo.
Encore plus folle et déjantée que le côté Comic Con’, je la traverse trop vite, le cœur déchiré, mais le ventre pressant. Miracle, quasiment personne devant le Sushi Shop, juste à temps avant le
rush. Quinze euros et dix-huit makis plus tard, c’est la panse bien remplie que je regarde les badauds s’empilant le long de la file interminable avec un sourire narquois.
Back to Comic Con’ au premier rang pour ce cher Marcus. Nos retrouvailles en fanfare se font à coup de compliments sur ma tenue, de nouvelles du front, on papote,
on papote, on en vient notre incontournable free hug et photo, qui, décidément, n’est pas montrable. Concernant mes rencontres avec mon Marcus, une malédiction semble s’être abattue sur ma pauvre
trogne : quelle que soit la photo que je prends avec lui, celle-ci me vaut une tête affreuse. Ce n’est pas comme si ce n’était pas une habitude, mais là, c’est d’autant plus flagrant… Il
suffit que je me retrouve dans ses bras, à sourire de béatitude devant l’objectif, pour me retrouver inévitablement avec une gueule abominablement moche à coup sûr. Malédiction qui s’est abattue
dès notre première rencontre, et qui, malheureusement, ne me permet pas d’en exposer le contenu sur cette page. Mais bon, j’ai revu mon dieu vivant, c’est finalement tout ce qui compte.
Le quittant à contre cœur, ce dernier se déchire d’autant plus en me souvenant que j’ai loupé le grand final de Noob. Légèrement consolée par des rumeurs
maudissant la bande son exécrable d’un montage pressé par la dead line, j’oublie en me laissant enfin porter par la liberté de vadrouiller où bon me semble dans cette jungle dont je n’ai encore,
finalement, rien vu. Sans plus tarder, je traine de force mes deux zigotos au stand Pix’N Love, chassant le bellâtre en la personne de Julien Chièze, ex journaliste de la presse écrite spécialisée dans le jeu vidéo, actuellement illustre célesto-ménestrel opérant sur GameBlog sous le pseudonyme de JulienC, habitué du plateau de l’émission Le Débat
de Marcus et, accessoirement, l’un de mes fantasmes. Pressée par mes camarades scandaleusement inhumains, je n’ai que quelques secondes pour le contempler,
l’aborder, le vénérer, lui voler un bisou et immortaliser magnifiquement cet instant dérobé, définitivement trop bref.
La journée continue dans un parcours du combattant, essayant tant bien que mal de me mouvoir
entre les milliers d’autres tarés, tout aussi pressés que moi d’en voir le plus possible, en passant par le jeu du « Trouve Julien Tellouck » qui consiste à dénicher le très
populaire et ultra sollicité présentateur vedette de Game One, LA chaine des geeks que 80% de la population de la Japan Expo regarde toute la
journée. Sans parler du fait qu’à la base, le monsieur est là pour BOSSER, comprenez qu’il passe ses journées à courir non-stop aux quatre coins de l’expo pour faire son émission journalière, poursuivi par une horde de fans en délire. Autant dire un exploit que j’ai finalement relevé et que cet
adorable fou m’a le plus gentiment du monde accordé entre deux courses effrénées.
Exclu ! Chris’t interviewée par Julien Tellouck pour le JT de Game One ! … Ou
pas.
Retour à l’exploration, rapide test de la 3DS XL que je convoite plus que jamais, allée et venu de part et d’autre, pause méritée sur le rebord de la piaule à
Mario, le rêve éveillé se poursuit…
Le soir arrive, déjà. Impossible, et pourtant, après un dernier regard en arrière, je file dans le Tardis, et quitte la Japan Expo, la tête encore dans les étoiles.
En bref, j’ai littéralement A.D.O.R.É. Je ne pouvais pas faire un pas sans tomber en admiration devant les merveilles qu’offrait cette manifestation totalement démesurée,
tant en mètres carrés qu’en originalité, et surtout, qu’en émotion. Aujourd’hui, regarder le festival de vidéos qui pullulent sur la toile, et se dire « J’y étais » est pour moi à la
fois une fière satisfaction et une tragique nostalgie que je panse avec mon seul et mince espoir d’y retourner l’année prochaine.
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